À l’aube de la rentrée scolaire, le spécialiste de l’accessibilité numérique Accessiway a analysé les sites web des dix universités françaises accueillant le plus grand nombre d’étudiants. Publiée le 25 août, l’étude pointe un constat alarmant : seules deux universités sur dix passent le test de l’accessibilité.

L’accessibilité des sites Internet des universités est essentielle pour garantir l’égalité entre les étudiants. Face à un site peu accessible, les personnes malvoyantes, sourdes, ou ayant des troubles cognitifs peuvent être freinées dans des démarches essentielles du quotidien comme consulter leur emploi du temps ou accéder à leurs résultats. Pourtant, une étude menée par AccessiWay auprès des dix universités françaises les plus fréquentées (accueillant 575 000 étudiants au total) met en lumière plusieurs difficultés rencontrées en matière d’accessibilité numérique sur leurs sites.

Des obstacles encore largement présents

Sur ces dix sites analysés, seuls deux respectent l’ensemble des critères d’accessibilité évalués. « Plus préoccupant encore, une seule université atteint un niveau de conformité au RGAA proche de 100, avec un score de 98 %. Une situation d’autant plus préoccupante que 64 000 étudiants sont en situation de handicap en France », pointe l’étude.

Parmi les principales difficultés identifiées, le manque de contraste arrive en tête : huit universités sur dix présentent des contrastes insuffisants sur leur site. AccessiWay souligne les conséquences que peuvent avoir des choix graphiques inadaptés pour les personnes malvoyantes : de tels choix « peuvent en effet rendre les contenus difficiles, voire impossibles à lire pour certaines personnes, notamment les personnes malvoyantes ». La navigation au clavier constitue également un point faible majeur : seuls trois des dix établissements proposent une navigation fluide. Le lien d’évitement (qui permet de passer directement au contenu principal d’une page, notamment lors d’une navigation au clavier) fait lui aussi défaut dans quatre universités sur dix. À l’inverse, les établissements obtiennent de meilleurs résultats concernant le redimensionnement du texte : seuls deux sites ne respectent pas ce critère.

Des progrès à faire dans un secteur essentiel

« Les résultats de cette enquête montrent que malgré des avancées sur le plan législatif, des progrès restent à faire dans l’exécution », souligne l’étude. L’enjeu est particulièrement important dans l’enseignement supérieur puisque les sites des établissements donnent accès à de nombreuses informations indispensables aux étudiants ainsi qu’aux ressources pédagogiques. Pour les étudiants en situation de handicap, l’accessibilité de ces plateformes peut donc avoir des conséquences directes sur leur parcours. « Il reste donc important de rappeler que l’accessibilité numérique ne relève pas uniquement d’une obligation réglementaire, mais aussi d’un enjeu d’égalité. Et une réelle prise de conscience semble d’ailleurs s’opérer puisque qu’à la rentrée treize établissements d’enseignement supérieur intégreront à leurs formations un module dédié à l’accessibilité numérique », conclut l’étude.