À l’heure où la prudence s’impose face aux dangers d’Internet, comment accompagner les usages du numérique chez les jeunes ? L’application Cood, qui propose des formations ludiques, entend répondre à cet enjeu pour les citoyens de demain. Les explications de Gaëlle Girardeau, fondatrice.

Comment avez-vous lancé Cood ?

Dans le cadre de mes études, j’ai réalisé un mémoire sur l’éducation aux médias et les usages d’Internet dans les lycées. Ce travail de recherche m’a permis de constater que les jeunes manquaient d’accompagnement. Or, puisqu’Internet est devenu omniprésent, il faut qu’ils puissent s’emparer du numérique en toute sécurité. Par ailleurs, après un passage par France 5, où j’ai pris part à des projets éducatifs, j’ai travaillé chez les GAFAM (Microsoft, Google…) dans le domaine de la monétisation des données personnelles. Cette expérience m’a amenée à réfléchir sur l’éducation à la gestion des données personnelles et m’a également donné envie de contribuer à la formation des jeunes aux médias. En 2018, j’ai alors pris l’initiative de créer Cood.

Que propose votre solution ?

Lors du lancement du projet, mon associé Arnaud de la Bédoyère et moi avons d’abord édité une plateforme d’apprentissage ludique du codage et de la programmation au moyen de systèmes de puzzle. Notre objectif était de former les jeunes à ces usages grâce à des jeux numériques. Mais les contraintes liées à l’accès au marché de l’éducation nous ont amenés à ralentir sur ce sujet. Nous avons alors lancé la « Cood Academy », une application de formation basée sur le référentiel européen de l’éducation aux compétences digitales essentielles à la vie d’un citoyen numérique éclairé. En France, ce référentiel est décliné sous le nom de Pix, un diplôme d’État devenu obligatoire, en 2019, au passage du brevet dans les collèges. L’objectif de notre application mobile est ainsi de préparer les jeunes à l’obtention de cette certification, donc de les former à la gestion de leurs données, à l’identification des fake news et du cyber-harcèlement, à l’usage des outils collaboratifs… C’est d’autant plus important que Pix prend de l’ampleur : les grandes écoles demandent désormais à ce que les candidats l’aient obtenu pour pouvoir s’y inscrire.

Quels sont vos projets ?

En partenariat avec Nathan, nous avons édité un cahier interactif à destination des élèves et des enseignants dans l’objectif de les aider à se positionner pour le meilleur et contre le pire du numérique. Nous souhaitons maintenant nous adresser au monde de la formation professionnelle et des institutions étatiques puisque les fonctionnaires doivent se certifier à Pix d’ici à fin 2023. Enfin, en développant une formation « e-parents », nous souhaitons également accompagner les entreprises face aux enjeux de la RSE et du numérique. Celles-ci ont en effet pour rôle d’aider leurs collaborateurs, qui sont souvent des parents, à dompter le numérique et à cultiver une véritable citoyenneté dans ce domaine. Éligible au Fonds national de l’emploi (FNE), la formation que nous proposons comprend des outils d’accompagnement ainsi qu’un dispositif d’évaluation des acquis.