Créée en 2017 par des chercheurs, médecins et ingénieurs, Poppins est une application numérique destinée aux enfants dyslexiques de 7 à 11 ans. Pensée comme un complément à l’orthophonie, la solution s’appuie sur des exercices ludiques dont l’efficacité a été évaluée cliniquement. Les explications de François Vonthron, co-fondateur.
Comment avez-vous créé Poppins ?
Poppins est née en 2017 d’un partenariat entre l’hôpital de la Timone, l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et l’École polytechnique. Elle est ainsi le fruit d’expertises en neurologie, en pédopsychiatrie et en ingénierie. Le projet, porté par le neurologue Michel Habib, le pédopsychiatre David Cohen, mon associé Antoine Yuen et moi, partait d’un objectif : rendre accessibles, sous forme numérique, des méthodes de rééducation déjà éprouvées pour les enfants dyslexiques. Pendant près de sept ans, nous avons mené plusieurs essais cliniques afin de démontrer l’efficacité de l’application et de lui apporter un niveau de preuve comparable à celui attendu dans le domaine médical. Pour ces raisons, nous nous positionnons davantage comme une MedTech.
Que propose votre solution ?
Poppins est une application destinée aux enfants dyslexiques de 7 à 11 ans et conçue comme un complément à l’accompagnement orthophonique. Le programme repose sur 20 minutes d’utilisation quotidienne : 10 minutes de jeux rythmiques, qui travaillent notamment les mécanismes impliqués dans le traitement des sons et la lecture, puis 10 minutes d’exercices gamifiés et inspirés de ceux proposés en cabinet d’orthophonie, autour des sons et du langage. L’ensemble reprend les codes du jeu vidéo afin de rendre la rééducation plus ludique et régulière. Par ailleurs, l’outil peut être utilisé parallèlement à des séances d’orthophonie, avec une prise en charge par la sécurité sociale dans ce cadre, ou par des parents qui sont dans l’attente d’un rendez-vous chez l’orthophoniste. Selon les études cliniques menées par l’équipe, l’utilisation du dispositif pendant 12 semaines améliore la fluidité et la précision de lecture. La solution accompagne aujourd’hui environ 20 000 familles au quotidien et près de 60 000 enfants depuis son lancement.
Quels sont vos projets ?
Notre premier projet concerne la dyscalculie : l’entreprise a été lauréate d’un appel à projets gouvernemental dans le cadre du programme « Grand Défi Numérique en santé mentale » et a engagé un nouveau travail de recherche pour développer, à terme, une solution destinée aux enfants présentant des troubles du calcul. Nous visons également le marché international. Poppins vient de lancer une première expérimentation aux États-Unis, avec cinq écoles et districts partenaires pour la rentrée scolaire. Les États-Unis ont en effet la particularité d’avoir une frontière très poreuse entre le monde médical et le monde scolaire. C’est moins le cas en France, mais nous souhaitons renforcer nos liens avec la médecine scolaire, les écoles spécialisées dans les troubles de l’apprentissage et les enseignants spécialisés.
