Aider les entreprises à mieux former leurs salariés pour développer leur employabilité. Telle est la mission de Learn Assembly. La PME, qui a plusieurs casquettes – société de conseil, éditeur de contenus et prestataire de services – s’intéresse à l’expérience d’apprentissage des apprenants, qu’elle souhaite la plus immersive possible. Les explications d’Antoine Amiel, son CEO, également administrateur de la FFP et d’EdTech France.

Pouvez-vous présenter Learn Assembly ?

Notre société a été créée en 2013 pour accompagner les entreprises dans leur transformation digitale et aider leurs salariés à développer leur employabilité. Notre métier était alors celui d’une agence et d’un éditeur de parcours en ligne sur les compétences digitales. En 2018, le positionnement de Learn Assembly a évolué. Puisque la production de contenus de formation devenait quasi-industrielle sur le marché, nous avons souhaité monter en gamme et nous positionner sur l’environnement d’apprentissage, via une offre de services sur la culture du learning et l’expérience apprenant, en utilisant notre plateforme technologique « Learning Boost ». Notre métier est désormais celui d’architecte de l’expérience d’apprentissage : après un travail de réflexion pour imaginer des dispositifs de formation engageants puis une phase de recommandations, nous coordonnons « les artisans », c’est-à-dire les ingénieurs pédagogiques, les graphistes, les développeurs…

Qui sont vos clients ?

Nos clients sont des grands comptes tels que LVMH, Safran, Axa, Orange… Leur point commun, c’est qu’ils ont tous investi dans des contenus de formation, souvent statiques. Cependant, ils s’aperçoivent que leurs collaborateurs ne les consomment pas et qu’ils doivent davantage investir dans le marketing de la formation. Nous nous adressons aussi aux grandes écoles et aux universités qui souhaitent repositionner leur stratégie de formation avec des outils modernes. Enfin, nous travaillons avec des PME qui partent de zéro en matière de formation ainsi qu’avec des start-up et des cabinets de conseils qui souhaitent se lancer dans le secteur et trouver le bon positionnement. En 2020, nous avons formé 2000 personnes (responsables formation, formateurs…) au cours d’une centaine de classes virtuelles, sur des thématiques comme le digital learning, le marché de la formation… Nous proposons également plusieurs parcours de formation sur étagère, en version MOOC.

Quels sont vos chantiers prioritaires pour 2021 ? 

L’année sera dédiée à la commercialisation de notre plateforme « Learning Boost ». Elle est née d’une conviction forte : plus on rendra l’acteur autonome dans sa formation, plus son engagement sera fort et plus son apprentissage aura de l’impact. Notre plateforme a vocation à personnaliser les parcours : elle comprend des outils d’auto-diagnostic, qui permettent aux apprenants de se positionner par rapport à un référentiel de compétences et de construire leurs objectifs pédagogiques. Notre plateforme fusionne donc l’évaluation, la cartographie et le développement des compétences des collaborateurs. Puisque nous la proposons en marque blanche, les cas d’usages sont variés. Elle est utilisée pour déclencher de nouveaux comportements chez les managers, évaluer la maturité digitale d’une équipe, renforcer l’employabilité des salariés dont les métiers sont amenés à se transformer…

Quel a été l’impact de la crise du Covid-19 sur votre activité ?

Nous avons publié, au cours du premier confinement, un kit de survie à destination des formateurs, qui avaient besoin de rapidement monter en compétences sur la pédagogie à distance. Il a été largement téléchargé et nous a donné une belle visibilité sur le marché. Pour autant, la crise a généré beaucoup d’attentisme auprès de nos clients et certains projets ont ainsi été gelés. Ce qu’on peut retenir de positif de cette période, c’est qu’elle a accéléré la mutation de la filière formation : certains acteurs n’avaient pas prévu de se transformer et ont dû le faire, bon gré mal gré. La crise a enfin accéléré la consolidation du marché : beaucoup de start-up de l’EdTech se sont retrouvées à cours de cash pendant les confinements successifs et se sont donc rapprochées d’acteurs de l’emploi et de l’intérim qui, pour leur part, souhaitaient se diversifier par le biais d’acquisitions.

Comment voyez-vous évoluer la filière de l’EdTech dans les années à venir ?

Ce que je constate, c’est que la filière formation est en souffrance. Beaucoup d’organismes plébiscitent encore le présentiel sans chercher à investir sérieusement dans d’autres manières d’apprendre. Certes, il y a eu une progression en matière de digitalisation ces dernières années, mais pas un plébiscite. Il subsiste encore une forme d’hostilité : le numérique reste parfois subi par les utilisateurs, car de mauvaise qualité. Il est pourtant temps de dépasser le stade de l’acculturation pour entrer dans celui du développement des compétences. Par ailleurs, je constate que certaines start-up de l’EdTech peinent à stabiliser leur modèle économique. Ce qui est dommage, c’est que nous n’avons pas, en France, la culture de la co-construction. Résultat : les mondes de la formation et de l’éducation fonctionnent tous les deux en silo. Ils gagneraient à travailler de manière plus transversale. Cette efficacité pourrait être mise au service des étudiants, des demandeurs d’emploi et des salariés qui doivent encore, de nos jours, écouter un professeur de manière passive, devant un écran noir.