La communauté urbaine du Grand Reims a consacré 2,8 millions d’euros à son plan École numérique, qui a été déployé entre 2020 et 2026. L’objectif de ce programme ? Garantir aux élèves des 59 écoles concernées les mêmes chances d’accès aux outils numériques, quels que soient leur établissement et leur lieu de scolarisation. Le bilan de Katia Beaujard, vice-présidente du Grand Reims en charge des affaires scolaires, Christophe Chaix, directeur des Services numériques, et Nathalie Ritter, directrice des territoires.

Quels étaient les objectifs du plan École numérique du Grand Reims ?

Katia Beaujard : L’ambition de ce plan, qui a été élaboré en amont avec l’Éducation nationale, était d’adapter les équipements numériques aux besoins des écoles. Il visait en particulier à garantir une équité territoriale : tous les enfants devaient bénéficier des mêmes chances et des mêmes usages face au numérique, quelle que soit leur école. Certaines étaient déjà bien équipées, d’autres l’étaient beaucoup moins. Nous avons donc organisé le déploiement en concertation avec les inspecteurs de circonscription pour que l’ensemble des établissements atteignent le même niveau d’équipement à l’issue du programme. La collectivité a pris en charge l’installation du matériel. De son côté, l’Éducation nationale a assuré la formation des enseignants et l’accompagnement pédagogique.

Quels équipements ont été déployés dans les écoles ?

Christophe Chaix : Nous avons voulu faire entrer le numérique directement dans les salles de classe plutôt que de cantonner l’informatique à des salles spécialisées. Chaque classe dispose ainsi d’un équipement collectif. Initialement, il s’agissait de tableaux blancs interactifs. Progressivement, ces derniers ont été remplacés par des écrans numériques interactifs tactiles. Des tablettes ont également été déployées, à raison de 15 iPads dans les écoles élémentaires et de 9 dans les écoles maternelles. Regroupées dans des chariots mobiles, elles sont mutualisées entre quatre salles de classe et peuvent être utilisées ponctuellement par les enseignants selon leurs besoins. Chaque école dispose aussi d’un kit de robotique pédagogique adapté à l’âge des élèves afin de les initier au codage et à l’algorithmique. Enfin, chaque élève bénéficie maintenant d’un compte sur l’ENT.

Comment les enseignants et les élèves s’approprient-ils ces outils ?

Nathalie Ritter : L’objectif était de proposer des équipements réellement adaptés aux usages pédagogiques, ce qui supposait de travailler étroitement avec l’Éducation nationale. Les tablettes disposent d’une cinquantaine d’applications communes à l’ensemble des écoles du territoire, et sélectionnées par les enseignants. Cette harmonisation facilite les échanges de pratiques et permet de maîtriser les coûts des logiciels. Les enseignants conservent toutefois une marge de manœuvre pour expérimenter de nouvelles applications, qui peuvent ensuite être intégrées au catalogue si elles présentent un intérêt partagé pour l’ensemble des élèves. L’ENT, quant à lui, permet aux enseignants de mettre à disposition des contenus et de partager avec les familles des exemples d’activités réalisées en classe. Si certains enseignants pouvaient se montrer réticents au départ, le numérique est désormais plus intégré aux pratiques grâce à l’accompagnement pédagogique de l’Éducation nationale.

Comment évaluez-vous l’efficacité du dispositif et son impact sur les apprentissages ?

Christophe Chaix : Nous suivons principalement les indicateurs d’usage des équipements, c’est-à-dire le nombre de connexions et la fréquence à laquelle les tablettes sont utilisées. Jusqu’ici, les retours montrent que les équipements sont largement adoptés à l’échelle du Grand Reims. En revanche, nous ne pouvons pas mesurer l’effet des équipements sur les résultats scolaires ou les progrès des élèves : cette évaluation relève des missions de l’Éducation nationale. Les taux d’usage constituent néanmoins un indicateur utile pour vérifier que les équipements correspondent aux besoins. Leur place dans le quotidien des enseignants se mesure aussi à l’importance accordée à leur maintenance : lorsqu’un écran numérique interactif tombe en panne, les enseignants demandent à ce qu’il soit rapidement réparé, preuve que les équipements sont utiles au déroulement des cours.

Quelles sont les prochaines étapes pour le numérique éducatif au Grand Reims ?

Katia Beaujard : Le déploiement programmé est désormais achevé : toutes les classes et toutes les écoles du Grand Reims sont équipées selon le même principe. L’objectif d’équité territoriale est donc atteint sur le plan matériel. La priorité est désormais de maintenir les équipements en bon état et d’assurer leur remplacement éventuel, notamment pour les premiers matériels installés dès 2020 et 2021. Ainsi, l’enjeu est désormais de pérenniser les usages, le numérique étant devenu une composante des apprentissages.