Alors que les débats sur l’attractivité du métier enseignant continuent d’animer la sphère éducative, l’EdTech Teetsh dévoile les résultats d’une enquête nationale menée au printemps 2026 auprès de 1 380 professeurs des écoles. Entre passion pour leur métier, sentiment de déclassement et attentes fortes envers les pouvoirs publics, les résultats révèlent une profession sous tension.

Malgré les difficultés, l’engagement demeure. Plus de huit enseignants sur dix (81 %) déclarent rester motivés par leur métier. Un chiffre qui témoigne de l’attachement des professeurs des écoles à leur mission éducative. Mais cette motivation ne doit pas masquer une réalité plus complexe. L’enquête met en évidence un profond sentiment de manque de reconnaissance. Près de 98 % des répondants estiment que leur temps de travail réel n’est pas reconnu par la société. Cette perception trouve un écho dans les chiffres déclarés : deux tiers des enseignants travaillent plus de 40 heures par semaine et près de 12 % dépassent même les 50 heures hebdomadaires.

Des enseignants insatisfaits de leur salaire

La question salariale reste également un point de crispation majeur. Plus de trois quarts des enseignants interrogés (76,4 %) se disent insatisfaits de leur rémunération. Une situation d’autant plus marquante que 97,4 % affirment financer eux-mêmes une partie du matériel ou des projets de leur classe. Parmi eux, 13 % dépensent plus de 300 euros par an sur leurs fonds personnels. Cette accumulation de contraintes nourrit une forme d’usure professionnelle. Selon l’étude, 61,6 % des enseignants ont déjà envisagé de quitter l’Éducation nationale. Pour 11,1 %, cette réflexion est même sérieuse. L’épuisement professionnel apparaît comme la principale raison invoquée (62 %), devant les conditions de travail (36 %) et la rémunération (26 %).

Une réduction des effectifs par classe

Les professeurs des écoles expriment également leurs inquiétudes concernant les apprentissages. Deux tiers d’entre eux observent une dégradation du niveau scolaire ou un creusement des écarts entre élèves. Plus largement, 71,5 % considèrent que l’école publique ne garantit plus aujourd’hui l’égalité des chances. Face à ce constat, les priorités identifiées sont claires. La réduction du nombre d’élèves par classe arrive largement en tête des réformes souhaitées (41 %), devant la revalorisation salariale (21,2 %) et le renforcement des moyens dédiés à l’inclusion (19,9 %).

Une motivation qui décroit avec l’expérience

L’étude met également en lumière des disparités importantes selon les profils. La motivation diminue sensiblement avec l’ancienneté, affichant un écart de 22 points entre les enseignants débutants et les plus expérimentés. Dans les réseaux d’éducation prioritaire, la mobilisation sociale apparaît plus forte : 63,9 % des enseignants en REP et REP+ ont participé à au moins une grève au cours des deux dernières années, contre 41,2 % hors éducation prioritaire. Quant à l’insatisfaction salariale, elle atteint son niveau le plus élevé chez les enseignants comptant entre cinq et dix ans d’ancienneté.

Au-delà des chiffres, l’étude de Teetsh révèle une profession qui demeure profondément engagée dans sa mission éducative, mais qui appelle à des réponses concrètes pour préserver son attractivité et sa capacité à répondre aux défis croissants de l’école primaire.