Lancé par le Révélateur des richesses immatérielles, le baromètre AI4Impact, auquel il est toujours possible de participer,  cartographie les usages et les défis de l’IA dans les projets à finalité éducative, environnementale ou citoyenne. L’objectif ? Donner la parole aux acteurs de l’intérêt général et nourrir une dynamique collective d’appropriation.

Alors que l’intelligence artificielle s’invite dans toutes les pratiques professionnelles, certains acteurs qui agissent pour l’intérêt général ne disposent pas de repères pour s’approprier cette technologie. En vue de cartographier les usages existants des associations, des collectivités, des fondations et des entreprises à mission – dont les EdTech -, une nouvelle initiative a vu le jour en juillet. Il s’agit du baromètre AI4Impact. Impulsé par le Révélateur des richesses immatérielles, qui accompagne depuis plus de 10 ans les acteurs de l’intérêt général dans la valorisation de leurs impacts, son objectif est, à terme, de mutualiser les bonnes pratiques et de faire remonter les besoins des acteurs de terrain.

Un état des lieux des exigences du secteur

Les organisations de petite taille ne se saisissent pas toujours de l’IA, que ce soit pour des raisons légitimes en lien avec la souveraineté des données et la sobriété numérique, ou par manque de repères et d’accompagnement. « Le baromètre va justement cartographier les usages existants de l’IA dans toute la chaîne d’impact qui structure l’intérêt général : de la conception des projets jusqu’à l’évaluation d’impact en passant par le suivi », précise Gabrielle Gueye, co-conceptrice du baromètre. Concrètement, AI4Impact propose une lecture concrète des usages de l’IA à chaque étape des projets : conception, pilotage, suivi, évaluation et valorisation. Le parti pris est ainsi de mettre en valeur les pratiques inspirantes pouvant se généraliser, mais également de ne pas laisser l’IA entre les mains des grandes structures. « Le secteur de l’intérêt général a tout intérêt à s’en emparer. En tant qu’utilisateurs, les acteurs engagés doivent définir les prérequis et les exigences d’usage de l’IA auprès des mastodontes du numérique », ajoute Marion Berthaut, co-initiatrice du baromètre et fondatrice de MOBiDYS.

Faire entendre la voix des acteurs EdTech

Parmi les partenaires du baromètre figure Outseeders, une association d’éducation populaire qui utilise le jeu vidéo et le numérique pour accompagner les jeunes vers une citoyenneté autonome et engagée. L’association voit dans le baromètre une opportunité de « contribuer à un usage de l’IA à la fois éclairé, accessible et vigilant, au plus près des pratiques réelles et des tensions de terrain ». En effet, l’enquête mettra en lumière les attentes et les freins émanant de la sphère éducative, notamment en matière de souveraineté et de protection des données, afin de faire émerger une IA choisie et non subie. « Nous espérons récolter des témoignages d’autres EdTech qui utilisent une IA souveraine, sécurisée et sobre. Beaucoup d’entre elles mettent la Tech au service d’une éducation plus inclusive, à l’instar d’EvidenceB, Nolej AI ou encore Poppins. Elles sont pourtant confrontées à des difficultés de déploiement en raison des inquiétudes, parfois légitimes, des familles et des enseignants. Le baromètre contribuera ainsi à rendre visibles les pratiques éthiques de l’IA auprès du public », ajoute-t-elle.

Nourrir la réflexion des décideurs

Les précédents baromètres du Révélateur des richesses immatérielles ont notamment été pris en compte par des instances publiques comme France Stratégie. « De la même manière, les résultats d’AI4Impact devraient nourrir la réflexion d’organisations engagées dans le développement d’un numérique responsable, de décideurs, de financeurs… Car une meilleure compréhension des usages permettra une meilleure orientation du financement public et privé », indique Gabrielle Gueye.

Avec 500 réponses attendues, les enseignements du baromètre devraient être rendus publics et discutés le 20 novembre dans le cadre du Salon des maires et des collectivités locales. « Nous appelons les acteurs de l’éducation et de l’intérêt général à participer au baromètre en vue de documenter leurs usages, se situer parmi leurs pairs et, à terme, accéder à des repères utiles pour décider, convaincre ou outiller leurs équipe », ajoute-t-elle. À l’issue de la publication des résultats, une plateforme numérique, AI4Society, verra le jour. Il s’agit d’un espace commun où les témoignages et les expériences seront mutualisés. Enfin, une note stratégique émanant des données recueillies sera mise à disposition.