Dédiée à l’apprentissage des langues vivantes, Beegup est une plateforme qui met en relation des lycéens avec leurs professeurs et leurs pairs de pays étrangers. L’ambition est de remédier aux lacunes des élèves, notamment français, en matière d’expression orale en langues étrangères. Les explications de Sophie Cacouault, co-fondatrice.

Comment est né votre projet ?

Avec mon associée Sophie Malrieux, l’idée de créer cette solution nous est venue en plein confinement car nos enfants peinaient, en tant que lycéens, à suivre l’enseignement hybride, en particulier en langues étrangères. Indépendamment du confinement, la pratique orale n’a pas beaucoup de place dans les classes de langue, qui sont surchargées. Plusieurs études montrent que les élèves français ont de bons résultats en compréhension de l’écrit d’une langue étrangère mais qu’ils rencontrent encore des difficultés en compréhension de l’oral (c’est actuellement le cas pour 75 % d’entre eux). Nous avons donc souhaité développer un outil visant à les faire monter en compétences et nous avons reçu le soutien du ministère de l’Éducation. Nous avons travaillé à la création de la solution avec des neuropsychologues et un comité pédagogique formé de professeurs de langues qui nous ont aidés dans le développement et l’ergonomie de la solution.

Que propose votre solution ?

Beegup est éditée par la start-up Louise Michel. Elle offre un réseau visant à construire une communauté européenne de professeurs de langues étrangères et de lycéens européens. L’outil permet aux enseignants de créer des classes virtuelles et des activités pédagogiques distancielles avec leurs élèves, mais également avec un pair étranger qui, lui aussi, peut rassembler sa classe au sein du même espace. Grâce à la mobilité virtuelle qu’elle rend possible, l’application web entend ainsi favoriser l’égalité des chances puisque tous les lycéens n’ont pas la possibilité de partir à l’étranger pour s’exercer aux langues. Via cette fonctionnalité, la plateforme leur permet justement d’être en connexion avec des natifs. Par ailleurs, une fonctionnalité permet d’afficher une revue de presse internationale que nous avons développée en partenariat avec l’AFP. Il s’agit d’un fil d’articles quotidiens natifs de la langue choisie (français, anglais, espagnol ou allemand). Notre IA permet, en fonction des articles qu’ils regardent, de mettre en relation les lycéens selon leurs centres d’intérêt. Ensuite, un espace conversationnel sécurisé permet aux utilisateurs d’échanger. La plateforme permet également aux professeurs de faire réaliser des tests d’évaluation certifiés CECRL que nous mettons à disposition en partenariat avec Global Exam.

Quels sont vos projets ?

Actuellement, la solution a été utilisée par 1000 lycéens et 50 professeurs en France dans des lycées français de l’étranger, en Allemagne, en Espagne… Nous voudrions maintenant nous tourner davantage vers le marché anglophone dans des pays comme l’Afrique du Sud ou le Royaume-Uni. Nous prévoyons aussi de nous ouvrir à des langues extra-européennes comme le chinois ou l’arabe. Enfin, nous souhaitons développer notre outil IA afin qu’il ait la capacité de mesurer l’expression orale dans une conversation.