Lancée à l’été 2025, StudAgent fait partie de ces jeunes pousses qui émergent directement des usages des étudiants pour les accompagner dans leurs pratiques. Incubée chez EuraTechnologies, l’EdTech a rapidement structuré son projet avant de gagner en visibilité lors du CES Las Vegas 2026. Les explications de Jossua Winicki, co-fondateur.

Pourquoi avez-vous créé StudAgent ?

Ma volonté de créer StudAgent est née d’un constat issu directement de mon expérience étudiante : l’intelligence artificielle est aujourd’hui utilisée par la quasi-totalité des étudiants. Si les statistiques évoquent 80 % d’usage, la réalité se rapproche plutôt de 100 % chez les étudiants, selon mes observations. Cependant, elle reste mal adaptée à leurs besoins puisque les outils accessibles présentent deux limites majeures : soit ils produisent des réponses trop généralistes, soit ils tendent à faire le travail à la place de l’étudiant. Partant de ce constat, mon associé Martin Chabanne et moi avons souhaité concevoir une solution ancrée dans les usages réels, en menant d’abord des sondages pour affiner notre compréhension des besoins. Notre ambition est de proposer une IA qui accompagne les étudiants sans se substituer à leurs efforts, en les aidant simplement à structurer leur travail.

Que propose votre solution ?

La solution, qui est hébergée en France, repose sur des agents IA capables d’accomplir des tâches de manière proactive. Après une première phase de développement avec plusieurs agents, StudAgent s’est recentré sur deux usages principaux. Le premier est un agent de programme de révision : à partir d’un cours et d’une date d’examen, il construit un planning personnalisé et propose trois types d’exercices : restitution du cours à partir d’une feuille blanche, QCM et mise en situation d’examen afin de favoriser un apprentissage actif. Le second est un agent dédié aux travaux de groupe, qui permet aux étudiants de s’organiser collectivement : création de groupes, répartition des tâches selon les profils, suivi des contributions, rappels des échéances et espace de travail partagé. Cet outil vise à réduire les déséquilibres et les conflits tout en améliorant l’efficacité du travail collectif, avec une possibilité de supervision par les enseignants dans un cadre institutionnel.

Quels sont vos projets ?

Les projets de StudAgent s’inscrivent dans une stratégie de développement auprès des étudiants et des établissements. Côté B-to-C, l’enjeu est d’élargir la base d’utilisateurs, aujourd’hui constituée de 500 testeurs répartis dans 6 pays. En parallèle, nous développons une approche B-to-B que nous avons amorcée après des échanges menés en janvier 2026 avec des responsables d’établissements, à l’occasion du CES de Las Vegas. Concrètement, notre objectif est de lancer des tests pilotes dans les prochains mois avec des grandes écoles françaises afin que la solution s’intègre durablement dans leurs écosystèmes d’outils. Enfin, nous souhaitons développer un troisième cas d’usage qui permet la simulation de situations professionnelles en role play, avec un accompagnement à la production de livrables structurés.