Au-delà de ses promesses, que permet vraiment l’IA générative en matière d’usages ? Zoom sur les pratiques déjà généralisées par les formateurs et les outils disponibles qui peuvent être mobilisés à chaque étape d’un dispositif pédagogique, de la conception des contenus à l’évaluation.
Un partenaire de veille
Aujourd’hui, l’IA peut être directement intégrée dans des dispositifs e-learning existants. Plusieurs outils disponibles permettent ainsi de dynamiser les apprentissages tout en rendant les dispositifs plus performants. Mais l’IA sert d’abord d’outil d’idéation et de réflexion. « Elle peut jouer le rôle d’un collègue virtuel pour challenger les idées, repérer ce qui manque dans un projet ou signaler ce qui pourrait ne pas fonctionner. Avec l’IA, il est aussi possible d’automatiser la veille sur des sujets professionnels, par exemple sur le CPF ou les aides à l’apprentissage. Il est toutefois important de vérifier les résultats, car les modèles peuvent produire des hallucinations », a expliqué Sylvain Tillon, fondateur de l’école Le Bahut, dans le cadre d’un webinaire organisé par EdTech Grand Ouest. Des outils comme Consensus permettent d’évaluer le niveau de consensus scientifique en lien avec une information donnée et de consulter les sources originales pour former un jugement éclairé.
Transformer la forme d’un contenu pédagogique
L’IA est également utile pour décliner de nouveaux contenus pédagogiques. Un document de référence ou un cours peut ainsi être transformé en plusieurs formats : podcast, fiche de synthèse, infographie ou vidéo. « L’objectif est de permettre à chaque apprenant de choisir le format qui lui convient le mieux selon son temps, son lieu ou son style d’apprentissage », indique-t-il. Certains outils facilitent cette transformation. Parmi eux : Notebook (Google), qui génère des résumés, des cartes mentales ou des podcasts à partir de documents tout en indiquant ses sources. L’outil Gamma crée, quant à lui, des présentations visuelles stylisées en quelques minutes à partir d’un PDF ou de notes. Lumen5 produit des capsules vidéo à partir d’un script ou d’un article tandis que Wondercraft est plutôt un outil de création de contenus audio. Sylvain Tillon rappelle toutefois que la créativité humaine reste centrale et que l’IA doit être supervisée pour garantir la pertinence du contenu : « Elle donne un coup de pouce, mais le cœur du travail – les idées, le style, la touche personnelle – reste entre les mains de l’expert. »
Automatiser la création de QCM
L’IA peut également être mobilisée dans les processus d’évaluation, en automatisant par exemple la création de QCM (avec des outils comme Gemini ou Claude), des textes à trous, des questions ouvertes…. « Un professeur de lycée professionnel que j’ai formé a pu automatiser l’évaluation des rapports de stage grâce à un agent personnalisé, tout en conservant la possibilité de justifier ses notes », explique-t-il. De même, l’IA permet de compiler de grandes quantités de données, de générer des synthèses et de produire des reportings détaillés, utiles pour suivre les progrès des apprenants ou analyser des enquêtes d’insertion, tout en respectant les exigences du RGPD. Quoiqu’il en soit, ces outils, bien que permettant d’automatiser de nombreuses tâches pédagogiques ou administratives, nécessitent un usage attentif. C’est d’autant plus important que le paramétrage des prompts permet de maximiser l’efficacité des IA. « Un bon prompt doit préciser les sources à utiliser, le style attendu, les objectifs et le niveau de détail souhaité. »