À l’ère du numérique, l’intelligence collective se réinvente grâce à l’intelligence artificielle. En combinant créativité humaine et assistance technologique, des outils boostés à l’IA permettent désormais aux groupes de travail de générer des idées plus riches, structurées et exploitables.
« L’intelligence collective, c’est ce qui permet à un groupe de produire des solutions ou des idées que chaque individu seul ne pourrait imaginer », a expliqué Alexandre Eisenchteter, fondateur de Stormz, dans un podcast réalisé par Learning By Doing. En milieu professionnel, son but est de résoudre des problèmes complexes ou stratégiques (un problème technique pointu en ingénierie, par exemple), que personne ne pourrait traiter individuellement. Pour qu’elle fonctionne, l’intelligence collective nécessite plusieurs éléments : un cadrage des ateliers, la définition des objectifs, l’identification des bénéfices pour les participants et la prise en compte des contraintes du facilitateur. Il est également crucial de prévoir la gouvernance post-atelier afin de transformer les idées en actions concrètes.
Une dynamique qui peut être soutenue par l’IA
C’est dans ce cadre que l’intelligence artificielle entre en jeu. Par exemple, la solution Stormz, qui est basée sur cette technologie, est née de la frustration de son fondateur face aux limites des brainstormings à distance. « L’idée de base, qui a émergé en 2012, était de créer un logiciel pour permettre à des personnes distantes de mener des réunions de créativité assez sophistiquées. » Concrètement, Stormz organise et structure les idées générées à l’occasion d’ateliers, permet de créer des clusters thématiques et aide le facilitateur à guider le groupe. Par exemple, lorsqu’un atelier génère des centaines d’idées, l’outil regroupe ces dernières par similarité pour faciliter leur exploitation. « L’IA intégrée vient ainsi soutenir ce processus en améliorant la qualité et la profondeur des idées, sans remplacer les participants », assure-t-il.
L’IA pour explorer de nouvelles pistes de réflexion
L’IA peut également générer des questions alternatives (« question storming ») pour amener les participants à considérer le problème sous de nouveaux angles. Par ailleurs, « elle propose des « lignes de pensée » qui analysent les idées en cours de rédaction pour suggérer des approfondissements ou des aspects à reconsidérer. L’IA agit ainsi comme un partenaire ou un coach en permettant aux participants de pousser plus loin leur réflexion, sans que le travail créatif ne leur soit enlevé », souligne-t-il. Alexandre Eisenchteter a même développé un framework, DREAM (Diverge, Reflect, Edit, Assess, Morph), pour guider l’utilisation de l’IA dans ce contexte. En somme, l’IA peut accélérer le processus de convergence sans imposer de solutions arrêtées. « Ce que toute personne devrait travailler, c’est sa capacité à danser avec l’IA pour penser plus en profondeur, créer des contenus de meilleure qualité », souligne-t-il. L’intelligence collective devient ainsi un continuum où les participants, le facilitateur et l’IA collaborent pour générer des solutions plus riches qu’avec des méthodes traditionnelles isolées.