Sommet pour l’action sur l’IA : le bilan d’EdTech France

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À l’occasion du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, qui s’est déroulé il y a quelques jours à Paris, EdTech France a pu valoriser la filière et présenter des outils concrets. Le bilan d’Orianne Ledroit, déléguée générale de l’association.

Quel bilan tirez-vous des échanges auxquels vous avez assisté ? 

Les usages des IA génératives se sont rapidement déployés dans l’enseignement (scolaire, supérieur et dans la formation professionnelle). La France a la chance de compter sur une vitalité entrepreneuriale importante dans le secteur des EdTech, qui collaborent avec les universités et les autres institutions d’éducation pour faire de cette révolution une opportunité. Pour cela, elles mobilisent les potentialités des IA au service de la personnalisation des apprentissages, du soutien à la recherche tout en respectant des libertés individuelles et de la sécurisation des données. C’est dans ce cadre que nous avons porté, aux côtés de plusieurs universités, un défi, soutenu par le Secrétariat général pour l’investissement et par Mistral AI : mettre les IA au service de la performance éducative.

Quels outils avez-vous présenté dans ce cadre ?

Nous avons présenté 3 outils concrets :

  • Le prototypage d’un RAG pour les établissements d’enseignement supérieur. Cette infrastructure, basée sur la solution RAGaRenn de l’Université de Rennes, est plus frugale et plus éthique.
  • L’élaboration d’une charte des usages des IA dans l’enseignement supérieur pour cadrer les pratiques des étudiants et des enseignants. Elle s’appuie sur 4 principes : la curiosité, la transparence, la précaution et la parcimonie.
  • Le lancement de travaux pour améliorer les évaluations des outils d’IA dans l’enseignement, en partant des évaluations déjà réalisées pour donner confiance aux acteurs de l’éducation et favoriser le déploiement d’outils fiables.
À l’inverse, quels sujets sont passés sous les radars lors du Sommet sur l’IA ?

Plusieurs sujets doivent attirer notre attention. D’abord celui de la diversité culturelle des modèles technologiques et de l’importance de nous appuyer en France et en Europe sur les solutions construites par nos entreprises. Ensuite celui du développement de l’esprit critique et de la formation de toutes les parties prenantes de l’enseignement. Enfin celui de la formation aux métiers de l’IA et aux métiers bouleversés par les IA. Des annonces ont été faites – par exemple former 100 000 personnes aux IA – mais leur traduction en actes doit désormais devenir un impératif. Les plateformes de formation à distance ont d’immenses atouts pour relever ce défi.

Est-ce que des mesures concrètes ont pu émerger pour encourager le déploiement de l’IA à l’école ?

Nous attendons la concrétisation des annonces de la ministre Élisabeth Borne : un soutien futur aux EdTech qui proposent d’aider les enseignants à concevoir leurs cours (ce qu’on appelle « le geste enseignant ») ou encore la formation massive des élèves et des enseignants. Par ailleurs, ces annonces n’apportent pas de réponse à des problèmes concrets : 50 000 enseignants du cycle 2 utilisent des logiciels éducatifs dans leur quotidien qui vont s’arrêter fin août 2025, faute de décision prise par le ministère. Les autres enseignants auront à terme le même problème, notamment en cas d’arrêt du financement des TNE que nous redoutons. Enfin, nous sommes inquiets car le ministère a l’air de vouloir développer seul de nouveaux logiciels qui entreraient en concurrence avec ceux des EdTech qui sont pourtant fiables et robustes. De quoi se questionner sur leur bonne utilisation des deniers publics.

En France, des solutions d’apprentissage boostées à l’IA existent. Qu’est-ce qui manque pour qu’elles soient désormais adoptées à plus large échelle ?

En matière d’enseignement scolaire, il faudrait mettre une cagnotte dans la main des enseignants pour qu’ils choisissent les solutions dont ils ont besoin. En matière d’enseignement supérieur, il est urgent qu’on facilite le déploiement des EdTech qui font leurs preuves dans les universités. En matière de formation professionnelle, l’enjeu est d’arrêter de juger la qualité d’une formation en fonction de la modalité présentielle ou distancielle. Mais plutôt sur la base de leurs résultats : taux de réussite au diplôme, insertion dans l’emploi suite à la formation… Il faut enfin garder en tête que La France jouit d’une recherche d’excellence. Nous pouvons sans doute améliorer le lien entre la recherche et les entrepreneurs pour que les travaux scientifiques nourrissent encore mieux les projets entrepreneuriaux et soutiennent des applications utiles dans des secteurs comme l’éducation.

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