Lancée en juin 2026 par une enseignante, Magisteria propose un environnement de travail dédié à la préparation pédagogique. La plateforme s’appuie sur l’IA pour faire gagner du temps aux enseignants tout en leur laissant la maîtrise de leurs pratiques, comme l’explique Charline Edon, fondatrice.
Pourquoi avez-vous créé Magisteria ?
Je suis professeure d’histoire-géographie en collège, lycée et université. Je sais donc concrètement le temps que représente la préparation des cours, des séquences pédagogiques et des évaluations. Lorsque j’ai commencé à former des enseignants aux usages de l’intelligence artificielle, j’ai voulu leur proposer une véritable boîte à outils regroupant des solutions utiles. Mais je me suis rapidement rendu compte que les outils d’IA existants partaient surtout de la technologie : c’était à l’enseignant de s’adapter à l’outil. J’ai souhaité, de mon côté, aller dans l’autre sens : partir des besoins réels des enseignants puis utiliser l’IA pour les accompagner dans leur travail. J’ai ainsi lancé Magisteria, un environnement spécifiquement pensé pour le métier d’enseignant, dans lequel l’IA vient augmenter ses capacités sans se substituer à son expertise pédagogique.
Que propose votre solution ?
Magisteria est pensé pour tous les collègues qui n’ont pas un temps infini pour préparer leurs cours, les stagiaires qui débutent, les contractuels qui peuvent changer d’établissement tous les ans… L’outil les accompagne dans leur travail de préparation pédagogique. Concrètement, l’utilisateur peut préparer sa programmation annuelle, ses progressions, ses séquences pédagogiques, ses séances et, enfin, ses évaluations. L’IA s’appuie notamment sur les programmes scolaires intégrés à la plateforme et sur les informations fournies par l’enseignant. Celui-ci reste toujours maître du résultat : il peut ajouter ses propres ressources, modifier les contenus générés ou demander à l’IA de les ajuster. Les documents peuvent ensuite être exportés et conservés dans une bibliothèque personnelle. Magisteria propose également une bibliothèque collaborative qui permet aux enseignants qui le souhaitent de partager leurs ressources et de s’inspirer du travail de leurs collègues.
Quels sont vos projets ?
Je souhaite renforcer la personnalisation de l’outil afin qu’il puisse s’adapter à chaque utilisateur et à sa manière d’enseigner. Je veux également faire évoluer le projet vers plus de souveraineté, avec une attention particulière portée au RGPD, à l’hébergement et au recours à des technologies françaises ou européennes. Par ailleurs, les fonctionnalités seront élargies, notamment pour accompagner les enseignants dans certaines tâches administratives. Je souhaite aussi intégrer Magisteria aux environnements numériques qu’ils utilisent déjà. L’enjeu est de limiter au maximum les changements d’outils. Enfin, je travaille sur des offres destinées aux établissements et aux collectivités afin que les enseignants n’aient pas à payer eux-mêmes pour accéder à la solution. L’ambition est de déployer plus largement et durablement la solution dans les établissements.