L’intelligence artificielle est désormais au cœur des dispositifs de formation. Problème : elle fait l’objet de promesses floues alors même qu’elle engage une transformation profonde des pratiques pédagogiques et des critères de valeur. Voici 5 conseils pour aborder l’IA comme un levier de discernement plutôt que comme une solution miracle.
1-Repenser les dispositifs pédagogiques
Dans la formation comme dans l’entreprise, l’IA n’est pas un correctif magique appliqué à des structures vieillissantes. Un livre blanc publié par Smile, entreprise spécialisée dans l’intégration de l’open source, insiste sur la nécessité d’un Business Process Re-engineering préalable. « Appliquer l’IA sur un processus bureaucratique et inefficace ne fera que générer de l’inefficacité plus rapidement ». Mieux vaut « refondre les workflows (flux de travail) pour que l’IA et l’humain collaborent de manière fluide. » Pour l’éducation, cela signifie revoir les parcours pédagogiques, les modalités d’évaluation et les rôles des formateurs avant toute automatisation. Cela suppose aussi d’établir de nouveaux indicateurs de performance : « Remplacez le « coût par tête » par des indicateurs d’agilité comme la capacité d’innovation et le taux de satisfaction des employés augmentés. »
2-Identifier les vraies pertes de temps
Une transformation IA sans inventaire rigoureux de la valeur est condamnée à être perçue comme un gadget. Dans le monde éducatif, cela implique de partir des pertes de temps concrètes (corrections répétitives, suivi administratif, personnalisation impossible à grande échelle…) plutôt que de chercher à « mettre de l’IA partout ». L’IA doit ainsi répondre à un manque réel, identifié avec les acteurs de terrain. Dans son livre blanc, Smile insiste : « Ne demandez pas « où mettre de l’IA ? », demandez « qu’est-ce qui vous fait perdre 2 heures par jour ? ». L’IA n’est qu’un moyen, la douleur métier est la cible, et surtout prenez du recul pour attaquer la maladie et non le symptôme. »
3-Mesurer la valeur ajoutée avec rigueur
Sans indicateurs clairs, les projets s’arrêtent brutalement. « Pour un projet d’entreprise, l’absence de KPI et de capacité à mesurer la valeur est la première cause d’arrêt brutal des financements », pointe le livre blanc. Pour la formation, cela signifie définir des critères précis : amélioration de la compréhension, réduction du temps de feedback, taux d’adoption réel par les apprenants et les enseignants, fiabilité des contenus générés… Le livre blanc est clair : « Ne lancez jamais un projet d’IA générative sans définir « le critère d’arrêt ». Si le coût par transaction dépasse X euros ou si le taux d’erreur dépasse Y %, on coupe ou on pivote. »
4-Faire de l’éthique un pilier pédagogique
En 2026, la conformité n’est plus optionnelle. Dans l’éducation, où l’on manipule des données sensibles, l’exigence est encore plus forte. Transparence des usages, clarté sur les limites de l’IA, respect des données des apprenants et traçabilité des contenus générés doivent devenir des objets pédagogiques en eux-mêmes. Dans ce cadre, il est utile de procéder à une classification du risque en s’appuyant notamment sur l’IA Act. « Il faut s’assurer que les données d’entraînement soient « propres », non biaisées et qu’elles respectent le droit d’auteur. Il faut également privilégier l’hébergement des modèles et des données sur le sol européen », souligne le livre blanc.
5-Investir dans l’acculturation
« En 2026, l’écart de performance ne se mesure plus entre les entreprises qui ont l’IA et celles qui ne l’ont pas, mais entre celles dont les employés savent s’en servir et les autres », pointe le livre blanc. Cela implique de former autant les formateurs que les apprenants, d’enseigner l’esprit critique face aux hallucinations et de poser la règle que « l’IA propose, l’humain dispose » afin d’éviter la dépendance cognitive. Enfin, il faut instaurer une culture de la veille continue. « Une technique de prompt peut devenir obsolète en trois mois. Il est possible de créer des communautés d’ambassadeurs (AI Champions) qui partagent régulièrement leurs découvertes et leurs astuces pour gagner du temps. »