Alors que les compétences sont appelées à se développer rapidement, le succès des politiques de formation devient un enjeu stratégique. À ce titre, les Learning Success Managers sont devenus des ressources précieuses. C’est en tout cas ce qu’assure l’ISTF, organisme de développement de compétences, dans un sondage publié le 11 mars 2025.

Avec des apprenants de plus en plus demandeurs d’expériences d’apprentissage engageantes et l’enjeu de l’obsolescence des compétences, le monde de la formation évolue à une vitesse vertigineuse. « Finie la vision qui propose d’un côté l’approche administrative, de l’autre l’action pédagogique, voire parfois les manipulations techniques dans la plateforme de formation », explique l’ISTF dans un compte rendu d’enquête menée début 2025 auprès de 286 professionnels de la formation. Pour répondre à ces enjeux, de nouveaux profils dédiés aux enjeux de la formation voient le jour : les Learning Success Managers (LSM).

La fonction de « Learning success management » est peu répandue

Parmi ses missions, le LSM accompagne les concepteurs et les formateurs dans la mise en œuvre d’actions favorisant l’engagement des apprenants. Il est donc une ressource permettant de designer, d’analyser et d’optimiser cette expérience globale. « Autrement dit, il met en place des actions de lutte contre le décrochage, avec par exemple une stratégie de micro-certifications ou de challenges », précise l’ISTF. Les entreprises embauchent-elles des Learning Success Managers ? Pas vraiment, selon l’enquête, puisque seuls 18 % des répondants indiquent avoir ce type de compétences en interne. Si 15 % envisagent des recrutements de talents dédiés, 67 % ne sont pas dans cette optique. « La fonction de LSM est encore peu répandue dans les services formation, mais elle est amenée à se développer rapidement, tant par les attentes des apprenants, les enjeux de l’entreprise que le besoin de faire évoluer les pratiques de pilotage de la formation », nuance toutefois l’ISTF.

Expérience apprenante : les entreprises sont sur la bonne voie

Selon l’étude, 43 % des sondés indiquent mettre en place des actions de design de l’expérience apprenante et 34 % œuvrent pour animer des communautés d’apprenants. Par ailleurs, 26 % déclarent qu’ils « monitorent des indicateurs de performance des dispositifs de formation ». C’est la raison pour laquelle, selon l’ISTF, les organismes de formation et les entreprises sont sur la bonne voie pour « actionner les leviers » permettant d’optimiser l’expérience des apprenants. Avec la montée en puissance des plateformes (TMS, LMS, MCS, LXP…), ces structures utilisent notamment des outils de learning analytics qui permettent de piloter correctement leurs actions de formation. « Toutefois, elles peinent à utiliser ces moteurs puissants par manque de stratégie de pilotage, de conduite du changement ou de compétences dédiées au Learning Success Management. Entre les souhaits et la réalité, il y a aujourd’hui un gros écart », assure Mathilde Istin, directrice déléguée de l’ISTF.

Offrir une expérience optimale en formation : une priorité

Une chose est sûre : les entreprises voient le Learning Success Manager comme une opportunité et expriment des attentes en la matière. 43 % des répondants estiment ainsi que la fonction première du LSM est d’offrir une expérience optimale en formation. 36 % d’entre eux mettent en premier l’engagement des apprenants en formation. Ainsi, le parcours apprenant peut être envisagé comme une sorte de parcours client, ce qui nécessite d’avoir des compétences en marketing et en ingénierie de formation pédagogique.