S’entraîner en conditions réelles : vers une « IA de confrontation »

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Depuis l’apparition de l’intelligence artificielle générative, plusieurs outils ont été développés pour générer des contenus. Mais peu permettent de transformer la formation en simulation immersive. Management, gestion de conflits, projets en tension… Autant de situations professionnelles qui peuvent pourtant devenir praticables en conditions quasi-réelles.

L’IA est aujourd’hui massivement utilisée en formation pour produire plus vite, mais pas encore pour apprendre mieux. Les usages dominants restent centrés sur la création de contenus et l’automatisation de tâches chronophages. À l’occasion d’un webinaire organisé par 360Learning, 83 % des participants ont déclaré utiliser l’IA pour accélérer la production de contenus, contre 37 % pour créer de nouveaux formats et 22 % pour automatiser l’administratif. « Le premier cas d’usage massif de l’IA, c’est ainsi la génération de contenus », résume Benjamin Marchal, CEO de 360Learning. Chez Safran, cette logique de production interne est déjà très avancée. En 2025, 2000 contenus ont été produits par Safran University, dont 12 % avec l’aide de l’IA, soit environ 250 modules. « La capacité à internaliser la production est devenue un différenciant stratégique », a ainsi souligné Jean-Roch Houllier, responsable de la formation et du digital au sein de Safran University.

Vers une IA de confrontation

Mais en 2026, l’enjeu n’est plus de produire du contenu grâce à l’IA. L’heure est au rapprochement de la formation du travail réel. Le modèle 70-20-10 (70 % de l’apprentissage se fait en situation de travail, 20 % par la collaboration avec les autres, et seulement 10 % via des formations formelles structurées) reste opérant à condition de s’ancrer dans l’action. « Plus la formation se co-localise à la réalité du travail, plus elle produit de l’impact », assure Jean-Roch Houllier. Un point de vue que partage Benjamin Marchal : « Chez 360Learning, nous avons réussi à couvrir le 20 % avec le collaborative learning. Le vrai sujet aujourd’hui, c’est comment l’IA va nous permettre d’aller chercher le 70 %. » C’est dans ce contexte qu’émerge la notion d’IA de confrontation, opposée à l’IA de substitution.

Concrètement, il ne s’agit pas, pour l’apprenant, d’obtenir une réponse, mais de mesurer ses compétences face à une situation, de tester ses décisions et de vérifier ce qu’il a réellement compris. Co-développé par 360Learning, Gentlerain est un outil IA qui s’inscrit dans cette logique. Il permet de créer des simulations conversationnelles fondées sur une intention pédagogique déterminée, avec des rôles et des critères d’évaluation définis à l’avance. « L’outil ne se contente pas de répondre. Ce n’est pas un agent codé sur étagère mais un outil auteur qui nous permet de configurer des conversations simulées avec une intention pédagogique maîtrisée », a ainsi résumé Jean-Roch Houllier.

Créer des dialogues sur mesure

Exemple d’usage : un manager en formation doit convaincre un collaborateur (joué par l’IA) de travailler une heure de plus pour couvrir un imprévu, en utilisant des arguments adaptés comme l’esprit d’équipe. L’outil évalue ensuite la qualité de la conversation et propose des améliorations, simulant une situation réelle de gestion d’équipe. L’IA de confrontation offre ainsi la possibilité de créer des dialogues sur mesure, adaptés aux besoins des différents métiers et niveaux d’expérience. L’un des atouts de Gentlerain est aussi la capacité à produire des évaluations précises et exploitables. « À l’issue de l’usage, on établit un bilan d’évaluation structuré. Pour nous, c’est un nouveau territoire qui rapproche davantage la formation de la réalité du terrain sans la remplacer, car rien ne remplace la relation humaine et le terrain au quotidien. Une chose est sûre, c’est un objet pédagogique qui va vers le 70 », assure Jean-Roch Houllier. Enfin, en permettant d’identifier les compétences à renforcer, cette approche enrichit les parcours multimodaux existants.

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