Lancée en 2026, Targumi est une solution d’apprentissage des langues qui ambitionne de rendre accessibles celles que les grandes plateformes délaissent. Combinant contenus pédagogiques et cours collectifs avec des professeurs natifs, l’outil permet aux apprenants de progresser à l’oral. Les explications de Benjamin Maubacq, fondateur.
Pourquoi avez-vous créé Targumi ?
Les grandes applications d’apprentissage des langues, comme Duolingo, ont tendance à délaisser les langues moins répandues alors même qu’elles répondent à des besoins bien réels de la vie quotidienne. En France, de nombreuses personnes issues ou non de l’immigration souhaitent apprendre la langue de leurs parents ou de leur conjoint. Mon épouse étant elle-même kurde, j’ai été personnellement sensibilisé à ces enjeux. Cette réflexion m’a conduit à imaginer une solution qui ne se limite pas à un apprentissage passif sur une application mobile, mais qui permette véritablement de parler une langue peu enseignée via les outils disponibles sur le marché. Une première expérience lancée en 2024 à travers un site consacré aux langues marocaines m’a conforté dans cette démarche et m’a encouragé à créer Targumi, qui proposera, à terme, d’apprendre plus de 100 langues.
Que propose votre solution ?
Targumi associe contenus pédagogiques et pratique orale. La plateforme s’articule autour de trois axes : un espace regroupant des fiches, des cours écrits, des vidéos, des quiz, des exercices et des audios de prononciation ; un calendrier donnant accès à des cours collectifs en visioconférence animés par des professeurs natifs ; et des groupes de conversation permettant aux apprenants de pratiquer avec d’autres. Nous privilégions les petits groupes de deux à huit personnes plutôt que les cours individuels afin de rendre l’apprentissage plus accessible financièrement. Notre offre couvre aussi bien des langues largement enseignées (anglais, espagnol, etc.) que des langues moins représentées sur Internet comme les dialectes marocain, algérien et tunisien, le swahili, le lingala ou encore le wolof. La plateforme compte déjà plus de 7000 utilisateurs et une trentaine de professeurs actifs.
Quels sont vos projets ?
Notre priorité est d’élargir le nombre de langues enseignées en fonction des demandes des apprenants et du recrutement de professeurs natifs. Nous souhaitons également développer, à terme, un outil de conversation vocale fondé sur l’intelligence artificielle. L’objectif serait de permettre aux utilisateurs de dialoguer oralement avec un agent IA dans des langues encore peu ou pas enseignées. Pour y parvenir, nous voulons nous appuyer sur des contenus pédagogiques validés par des humains. Parallèlement, nous sommes ouverts au développement de partenariats B-to-B avec des entreprises ayant besoin de former des collaborateurs amenés à travailler à l’étranger. Enfin, nous souhaitons collaborer avec des organisations humanitaires qui pourraient avoir besoin de former leurs équipes aux langues des populations locales, notamment dans le secteur de la santé.