Une étude du Céreq montre comment les investissements de France 2030 transforment progressivement l’offre de formation professionnelle. Ils favorisent notamment des formations plus flexibles, plus technologiques et mieux adaptées aux besoins des entreprises et des territoires.
Dans un nouveau « Céreq Bref », le Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) analyse la manière dont les Programmes d’investissements d’avenir (PIA) et France 2030 transforment l’offre de formation professionnelle. Selon l’analyse, qui s’appuie notamment sur l’enquête qualitative CapiPIA, près de 2 milliards d’euros ont été engagés depuis 2010 dans 499 projets, dont plus de 1,3 milliard via le dispositif « Compétences et métiers d’avenir ». Le but : adapter les formations aux transitions numérique, écologique et démographique.
Une logique partenariale renforcée
L’étude met d’abord en évidence une logique partenariale renforcée avec le monde économique. « Le cadre des PIA et de France 2030 a imposé une nouvelle dynamique collective. L’obligation d’associer les entreprises, les branches professionnelles ou les OPCO au sein de consortiums permet d’ajuster les contenus de formation au plus près des réalités de production, tout en facilitant l’accès à des terrains d’expérimentation », indique le Céreq. Les entreprises peuvent notamment participer au financement ou mettre à disposition leurs salariés via le « mécénat de compétences ». De leur côté, les collectivités jouent un rôle de « tiers de confiance » dans la structuration de ces écosystèmes public-privé.
Des parcours de formation plus flexibles
Les projets favorisent également des parcours plus souples et davantage ancrés localement. Les organismes développent notamment des modules courts. D’une durée moyenne de 30 heures, ils permettent aux apprenants d’acquérir rapidement de nouvelles compétences liées à l’évolution des technologies, notamment dans des domaines comme l’hydrogène ou les matériaux biosourcés. De leur côté, les établissements peuvent adapter certains diplômes aux besoins de leur territoire. « Les lycées professionnels mobilisent la coloration de diplômes et les Formations complémentaires d’initiative locale (FCIL) pour répondre rapidement aux besoins en compétence des entreprises de leur bassin d’emploi. Dans le supérieur, chaque Bachelor universitaire de technologie peut adapter son programme en réallouant jusqu’à un tiers du programme pédagogique national aux spécificités locales », souligne l’étude. Cette modularité permet de répondre plus rapidement aux évolutions des métiers.
Modernisation des modèles pédagogiques
En revanche, la création de nouvelles certifications reste complexe. « Si l’inscription au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au Répertoire spécifique garantit la reconnaissance et l’accès aux financements du CPF, l’exigence du processus de sélection conduit souvent les porteurs de projets à privilégier la révision d’une certification existante ou l’ajout, dans un premier temps, de modules additionnels. » Enfin, les financements des PIA et de France 2030 accélèrent la modernisation des équipements et des méthodes pédagogiques. Plateaux techniques, simulateurs, réalité virtuelle, réalité augmentée… Autant d’outils qui visent à renforcer « l’attractivité des filières industrielles, énergétiques ou agricoles ». Au-delà du financement de formations, ces programmes contribuent ainsi à faire émerger « de nouveaux modes de coopération entre les mondes éducatif et économique ».