Hector Balas : « L’orientation n’est pas juste une question d’information »

L’orientation est un enjeu crucial. 60% des jeunes se réorientent après leur première année post bac. Comment expliquer ces échecs ? La technologie peut-elle apporter des solutions ? Les réponses d’Hector Balas, fondateur d’Impala.

Le monde est en forte mutation. Les métiers dans les 10 ans à venir vont être transformés. Certains vont disparaître, d’autres vont apparaître. Choisir une orientation pour un jeune de 15 ans est un défi immense ! Pour les aider, Impala développe des parcours pédagogiques numériques au service des jeunes.

Quelles solutions proposent cette start-up? Comment les enseignants utilisent-ils ces outils? Hector Balas, le président d’Impala nous répond.

Comment est née Impala ?

En 2016, nous avons fait un constat simple : une mauvaise orientation était très dommageable pour la vie future des jeunes. Mais comment expliquer une mauvaise orientation ? Nous avons identifié 3 raisons principales.

D’abord, le monde du travail est en pleine mutation. Cela engendre des réformes constantes qui créent une grande anxiété dans les familles. Pour y répondre, de très nombreux acteurs proposent de l’information en ligne : des fiches métiers, des vidéo métiers… Mais trop d’information tue l’information.

Ensuite, à 15 ans, les jeunes se connaissent mal. La difficulté est de faire des choix sans connaître sa personnalité, ses valeurs, ses réelles attentes…

Enfin, les stéréotypes sont tellement grands, que les choix sont souvent biaisés. Les stéréotypes viennent du milieu familial, de la réputation de certaines filières…

L’orientation n’est pas juste une question d’information.

Quelle solution proposez-vous alors ?

Pour répondre à ces problèmes, nous avons développé de véritables parcours pédagogiques numériques de la 4e à la Terminale pour les filières générales, technologiques et professionnelles.

Ces parcours à destination des élèves sont composés d’un ensemble de mini-jeux pédagogiques. C’est à travers ces mini-jeux que les jeunes vont prendre des décisions sur leur orientation. Ces mini -jeux couvrent trois domaines clés : la connaissance de soi, l’orientation et l’insertion professionnelle.

Notre outil numérique, qui supporte ces parcours, a été très bien accueilli. Il a été déployé dans plus de 300 établissements présents dans 75 départements. C’est à ce jour 70 000 jeunes qui ont utilisé nos solutions

Comment la technologie vous aide ?

La technologie nous aide pour deux enjeux cruciaux.

D’une part pour la modélisation des parcours d’orientation grâce à des algorithmes supervisés pour éviter les biais statistiques et déterministes.

D’autre part, avec l’adaptive learning ou comment personnaliser les parcours d’apprentissage et d’orientation des jeunes.

 Quelles autres offres proposez-vous ?

Lors du premier confinement, de très nombreuses familles nous ont approché pour nous demander de pouvoir utiliser nos solutions. Nous avons donc lancé une offre pour les familles. Cette offre a connu une belle accélération suite à un partenariat, noué juste après le lancement de cette offre, avec la Peep, l’une des trois plus grandes fédérations d’associations de parents d’élèves  qui rassemble 150 000 familles.

 Nous avons aussi un outil à destination des enseignants et des conseillers d’orientation pour les aider à bien orienter les jeunes. Les professeurs en début d’année vont s’approprier la solution et la modifier en fonction de leurs situations. Le parcours pédagogique se construit entre travail à la maison, séances en classe et ateliers.

 Quel est votre modèle économique ?

Pour les établissements, pour utiliser nos solutions, nous proposons une licence par classe et par an. Les tarifs sont de l’ordre de 10 euros par élève et par an. Cette offre inclut des formations auprès des équipes pédagogiques (professeurs, CDI, CPE…) des établissements.

Pour 2021, notre objectif est de développer nos outils pour l’enseignement supérieur. Nous avons lancé une offre post bac sur l’insertion professionnelle pour les établissements du supérieur, pour les L1, L2 et BTS. L’accueil est bon et les besoins sont nombreux.