Jean-Marie Cognet : « L’usage de notre plateforme vidéo a été multiplié par 15 »

Depuis 2007, UbiCast prêche pour l’utilisation de la vidéo dans l’enseignement à distance. Cet éditeur propose différents outils clés en main aux établissements. Comment UbiCast a affronté la vague du Covid-19 ? Les réponses de Jean-Marie Cognet, son fondateur.

Basé dans le sud de Paris, UbiCast a misé sur l’usage de la vidéo dans l’enseignement à distance bien avant la crise sanitaire actuelle. Depuis plus de 10 ans, cette start-up de 20 personnes développe des outils pour permettre aux établissements de proposer à leurs élèves une offre vidéo simple, efficace, accessible.

Cette question de l’enseignement vidéo est devenue en quelques heures, lors du premier confinement de mars 2020, l’une des priorités de tous les établissements. Comment UbiCast a vécu cette période ? Quelles ont été les répercussions sur son activité ? Comment ses solutions se différencient-elles de Zoom ou de BigBlueButton ? Les réponses de son fondateur Jean-Marie Cognet.

Que propose UbiCast ?

 La mission d’UbiCast est de créer la meilleure expérience pédagogique en vidéo. Pour cela, nous proposons deux services principaux.

Le premier est l’édition d’une plateforme vidéo, un « YouTube privé », à portée pédagogique. Les étudiants peuvent y visionner les séances de cours à distance mais aussi des vidéos téléchargées par les professeurs en complément des cours.

Le second est une offre de captation vidéo. Nos clients équipent les salles de classes en  matériel vidéo et audio pour filmer un cours en présentiel.

Comment les professeurs utilisent vos outils ?

Nous constatons plusieurs usages.

Les professeurs, avec notre solution, créent très simplement des capsules vidéos. En se connectant à notre plateforme, ils peuvent enregistrer leur écran d’ordinateur et leur webcam en même temps. Aucune installation sur leur poste n’est nécessaire. Ces capsules servent ensuite pour les classes inversées et les cours hybrides.

Les établissements installent notre box dans leurs amphithéâtres. Cela leur permet d’enregistrer l’intégralité du cours en vidéo pour l’offrir en Replay. Ils peuvent aussi le diffuser en direct à des milliers d’étudiants connectés en simultané. Les professeurs peuvent eux-mêmes lancer l’enregistrement et l’arrêter. Chez un client aux Pays-Bas, tout est même automatique sans aucune intervention des professeurs.

Un dernier point important. Notre lecteur vidéo offre une barre latérale à droite où les étudiants peuvent poser leurs questions après le cours, en mode asynchrone. Le professeur ou les autres élèves peuvent y répondre. Cet échange interactif est un vrai plus par rapport à des solutions comme Zoom ou Teams.  Les étudiants qui revoient le cours en replay pour réviser un passage par exemple, profitent alors des interactions entre les élèves et le professeur. Cela donne une forte valeur pédagogique à la vidéo.

Quel a été l’impact de la crise du Covid-19 sur votre activité ?

 Le trafic sur notre plateforme vidéo a explosé. Les chiffres sont impressionnants. Les volumes d’utilisation ont été multipliés par 15.

Nous avons créé UbiCast en 2007. Notre plateforme vidéo est disponible depuis 2010. Cela fait 10 ans que nous expliquons à nos clients l’intérêt de la digitalisation des cours pour les étudiants. Avec la crise, beaucoup d’établissements, rencontrés au cours de ces dix dernières années, ont réalisé l’importance de la vidéo dans l’enseignement à distance et nous ont rappelé. Cela se traduit logiquement par une hausse de notre activité. Nous devrions doubler notre chiffre d’affaires cette année et atteindre les 4 millions d’euros de revenus. Mais le plus important, pour toute l’équipe, est l’explosion des usages et la démocratisation de la vidéo pédagogique.

Quel est votre modèle économique ?

Notre plateforme vidéo peut être hébergée sur les serveurs du client. Il paie alors une licence annuelle et l’utilisation est illimitée. Une formule très utilisée par les universités publiques par exemple.

L’autre modèle est l’utilisation de notre plateforme dans le Cloud. Nos serveurs sont hébergés chez OVH, un acteur français de référence. Les clients paient alors un abonnement dont le prix dépend du nombre d’étudiants en simultané qui utilisent la solution.

Nous sommes un acteur français, avec une R&D et un hébergement de toutes nos infrastructures en France. Cela garantit une sécurité et une réactivité optimum pour nos clients.

Quels sont vos projets pour 2021 ?

 Nous souhaitons accélérer notre développement à l’international. Jusqu’à présent, nous réalisions 40% de notre activité à l’étranger. Notre but est d’exporter encore plus notre savoir-faire pour atteindre les 60% de notre chiffre d’affaires hors de nos frontières.

Nous allons aussi mettre en ligne plusieurs innovations techniques qui sont presque prêtes dans les prochains mois…