Quelle intégration concrète de l’IA dans les écosystèmes éducatifs ?

Pinterest LinkedIn Tumblr +

L’intelligence artificielle s’installe désormais au cœur des pratiques éducatives et des réseaux d’alumni, obligeant les institutions à repenser leurs modes d’accompagnement. L’accélération technologique pose ainsi la question de savoir comment l’intégrer dans les écosystèmes éducatifs sans perdre en maîtrise ni en sens. Éclairages d’AlumnForce.

À l’heure où l’intelligence artificielle s’impose dans les usages quotidiens des étudiants et des enseignants, AlumnForce, EdTech spécialisée dans la gestion de réseaux professionnels, défend une intégration « concrète et éthique » des outils IA dans les écosystèmes éducatifs. Les chiffres qu’elle met en avant témoignent de cette accélération : « Plus de 95 % des étudiants déclarent utiliser des outils IA dans le cadre de leurs études », alors même que « 80 % des enseignants et accompagnants estiment ne pas avoir reçu de formation suffisante », rappelle Julien Faure, customer success manager, à l’occasion d’un webinaire. Pour AlumnForce, l’enjeu consiste à accompagner les établissements dans une appropriation structurée de ces technologies plutôt que de subir leur diffusion.

Distinguer les différentes IA

Il n’existe pas une seule IA utile. Michel Pousson, product manager chez AlumnForce, distingue d’abord « l’IA analytique », utilisée pour la recommandation ou la segmentation de données (comme les suggestions de Netflix), puis « l’IA générative », popularisée par ChatGPT, capables de produire du texte, des images ou du code à partir d’instructions. La prochaine étape est « l’IA agentique », c’est-à-dire « des systèmes capables d’agir de manière autonome une fois paramétrés ». « Cette IA agit en autonomie et permet des usages comme la prise de notes automatique en réunion, les relances d’emailing ou les réponses automatiques aux utilisateurs via un assistant conversationnel », explique-t-il. Étant donné la rapidité des évolutions technologiques, il est selon lui nécessaire de « garder une certaine flexibilité » face à des modèles qui changent constamment. C’est d’autant plus important que « les acteurs dominants ne sont pas conformes à 100 % au RGPD ».

Utiliser l’IA avec vigilance

Dans ce contexte, l’EdTech appelle les établissements à rester vigilants sur les données envoyées aux plateformes américaines ou chinoises. Elle met aussi en garde contre les « hallucinations » des modèles génératifs, capables de produire de fausses informations avec une apparence de crédibilité. « En 2024, les IA diffusaient 18 % de fausses informations. Aujourd’hui, ce taux atteint 35 % », souligne-t-il. Pour encadrer ces usages, AlumnForce recommande aux établissements et aux écoles de mettre en place des chartes internes qui définissent par exemple les outils autorisés (comme Mistral pour les données sensibles), les types de données exploitables et les bonnes pratiques à adopter…

L’IA pour gérer les alumni

Au-delà de la personnalisation des apprentissages, l’IA offre d’autres atouts pour les écosystèmes éducatifs. Elle est un levier concret pour transformer la gestion des communautés étudiantes et alumni. « L’IA permet de détecter des signaux faibles, comme les changements de situation professionnelle ou les risques de décrochage, et d’adapter les communications en conséquence », précise Julien Faure. L’EdTech a d’ailleurs développé un assistant IA qui analyse les CV des étudiants, les compare à des offres d’emploi, délivre « un score de matching et de compatibilité » et, enfin, suggère des améliorations concrètes. Enfin, l’IA transforme aussi les métiers de l’animation de réseaux. « Elle est désormais largement utilisée pour la création de contenus, la personnalisation des campagnes d’emailing ou encore la construction de calendriers éditoriaux », explique Julien Faure. Le gain de temps estimé ? Environ cinq heures par semaine pour les équipes communication.

Share.